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Les
notes du mois
Au
fil de mes réflexions et lectures… ce qui m'a intéressé, ce qui m'a touché,
ce que j'aimerais retenir et partager avec d'autres…
| Mars-Avril 2003 |
" Je sais " |
"Il ne sait
pas qu'il est malade", ou plutôt "il ne sait plus qu'il est malade"
devrait-on dire. C'est malheureusement souvent vrai quand beaucoup
de temps a été perdu avant le diagnostic et la détérioration mentale
est déjà avancée.
Mais il y a tous ceux - et ils seront toujours plus nombreux, car
diagnostiqués plus tôt - qui reconnaissent leurs troubles, au travail
et dans la vie courante, tous ceux qui ne sont pas encore " protégés
" par l'inconscience d'un ultime stade de leur maladie.
Et il y a encore d'autres, très orientés " rendement-performance ",
ceux qui maîtrisaient tout ce qu'ils faisaientet qui en perdent maintenant
le contrôle, tous les jours un peu plus. C'est l'effondrement des
valeurs, de l'estime de soi.
C'était vrai pour moi et certainement aussi pour ce codirecteur d'une
entreprise qui, à 62 ans, savait qu'il perdait ses capacités intellectuelles.
Ne pouvant plus assumer son poste, il a démissionné avec des conséquences
psychologiques et financières graves pour lui et sa famille. Il est
décédé quatre ans plus tard … avec la maladie d'Alzheimer.
Ou cet autre patient qui demanda à son médecin, s'il n'avait pas la
maladie d'Alzheimer et reçut comme réponse : " Quand on est capable
de penser qu'on a une maladie d'Alzheimer, on ne l'a certainement
pas ".
Ou encore ce mot " rassurant " du médecin à une épouse inquiète :
" Ne vous faites pas trop de soucis… tant qu'il ne vous aura pas fait
caca dans votre salon… "
C'étaient les années 90, le siècle passé…. Mais en lisant les comptes
rendus (1) du Congrès National France Alzheimer 2002, cette attitude
ne semble guère avoir évolué dans nos régions.
Le Pr Bruno Dubois CHU de la Pitié-Salpêtrière à Paris, révèle " que
le généraliste n'est souvent pas convaincu de l'intérêt d'une prise
en charge médicale de la maladie d'Alzheimer… Il y a donc urgence
à modifier cette représentation de la maladie, en informant sur l'avancement
des connaissances, sur les progrès thérapeutiques, et sur l'importance
d'une prise en charge précoce ".
Il est vrai qu'au début, l'attitude " Ne peut pas être ce qui ne doit
pas être " arrange … le patient, la famille et le médecin généraliste.
Mais en réalité, ce n'est que nous engager davantage dans une spirale
d'émotions négatives qui conduit inexorablement à la dépression, à
l'inactivité et à la passivité.
Si au contraire, chaque acteur Alzheimer essayait de savoir ce que
l'on peut savoir aujourd'hui, notre situation de jeune patient serait
mieux comprise.
Dès le début, nous pourrions bénéficier d'un traitement adapté et
acquérir un style de " faire face " actif … avec de meilleures chances
d'utiliser nos capacités préservées et de maintenir une qualité de
vie aussi élevée que possible. |
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(Marcel
Brasey 2003)
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