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Vision
placement
Que faire si nous ne pouvons plus rester à la maison ?
Et s'il y avait des endroits où l'on accueille des personnes
atteintes dans le respect des principes éthiques et d'humanité,
pour leur bien et pour soulager les proches. S'il y avait des endroits
où l'on applique quotidiennement les découvertes relatives
à la maladie d'Alzheimer. Alors, c'est là où nous
trouverons un environnement personnel et adapté à chacun
de nos mondes.
| 1. Pour nous éviter des
souffrances réciproques, j'ai décidé de partir
dans une institution où l'on s'occupe de personnes comme moi
Je ne pars pas pour vous oublier, mais pour mieux vous garder.
Et vous laisser de moi une image acceptable. Je pars avec votre sourire
au cur, en vous laissant le meilleur de moi-même. |
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(Antoine George,
J'ai mené toutes vos batailles
, p.220,
Mosée Editions 2002)
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2. Au téléphone,
un matin.
" Votre mari s'est encore sauvé. Il a été
rattrapé par les gardiens. " Rattrapé, quelle horreur
ce mot, pourquoi pas par des chiens, mais m'a-t-on dit " gardiens
"?
Pour eux, c'est un signe de plus qui étaye le diagnostic, pas
pour moi. Qui ne s'enfuirait de ce lit plastifié et moite alors
qu'il y a des arbres et des oiseaux dehors? |
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(Françoise
Xenakis, Regarde, nos chemins se sont fermés, p. 69,
éd. Albin Michel S.A. Paris, 2002)
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| 3. " Êtes-vous déjà
allée au Club Méditerranée ? " demanda le
médecin. Louise répondit " non " de la tête.
Il était bien jeune, pour un docteur. Il réfléchit
un court instant. Ca simplifiait bien pour présenter le centre,
quand les malades connaissait le Club : c'était pareil - exception
faite, omettait-il de préciser, qu'alcool, tabac et sexe y
étaient interdits.
" Vous ne serez pas obligée
de prendre beaucoup de médicaments. Tout est fait pour que
vous puissiez vivre librement. Vous verrez, vous ne vous ennuierez
pas une minute. Vous remarquerez également que nous nous adresserons
toujours directement à vous. On ne vous traitera pas ici comme
une enfant ou une malade ". Trop poli pour être honnête,
pensa Louise. |
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(Jérôme
Pellissier, Les Insensés, p.112,
éd. Joëlle Losfeld Paris,2002)
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| 4.
ils la trimballèrent
de salle en salle, d'atelier en atelier, de relaxothérapie
en balnéothérapie, de ludothérapie en photothérapie.
L'atelier cuisine proposait à un groupe de vieilles femmes
de réaliser chaque jour une recette différente. Louise
trouva les vieilles malpropres et le résultat immangeable.
Ils l'amenèrent à l'atelier musique.
Assis
sur les chaises, les vieux devaient chanter La Mère Michel
et, chacun son tour, retrouver le chat caché parmi les participants.
Ils chantaient faux : elle sortit.Malgré les exhortations de
l'assistante - " C'est l'occasion de développer votre
potentiel créatif " -, Louise refusa de participer aux
autres ateliers. Elle avait mis des années à vider la
maison de tous les abat-jour en laine, vide-poches en terre cuite
et autres horreurs fabriquées à l'école par ses
petits-enfants, ce n'était pas pour faire la même chose
maintenant. |
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(Jérôme
Pellissier, Les Insensés, p.113,
éd. Joëlle Losfeld Paris,2002)
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5. (Lors d'un séjour
à l'Hôpital, une malade d'Alzheimer
)
Louise profitait surtout de l'indifférence de son environnement.
Elle pouvait enfin faire tomber un objet, mentir au médecin,
manger salement et reprendre les promenades avec Raymond, sans personne
pour l'interrompre, trouver ça anormal, la rappeler à
l'ordre.
Cette liberté nouvelle lui rendit amèrement sensible
le pouvoir que sa famille avait pris. |
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(Jérôme
Pellissier, La nuit, tous les vieux sont gris, p.284,
Bibliophane-Daniel Radford, Paris, 2003)
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