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La famille, les amis et les autres (page 4/4)

25. Le 27.7.1930, André Gide écrivait le credo suivant dans son journal : "Je crois que les maladies sont des clefs qui peuvent nous ouvrir certaines portes. Je crois qu'il est certaines portes que seule la maladie peut ouvrir." Autant une maladie peut-elle détruire une famille, autant peut-elle aussi l'édifier. Notre famille a gagné une nouvelle perspective positive en mettant davantage l'accent sur l'émotionnel et une nouvelle douceur et tendresse.

Texte original allemand:
André Gide … schrieb am 27.7.1930 in sein Tagebuch folgendes Credo : "Ich glaube, dass die Krankheiten Schlüssel sind, die uns gewisse Tore öffnen können. Ich glaube, dass es Tore gibt, die nur die Krankheit öffnen kann."
So wie eine Krankheit eine Familie zerstören kann, kann sie eine Familie auch aufbauen. Eine neue positive Perspektive gewann unsere Familie durch eine stärkere Betonung des Emotionalen und eine neue Zartheit und Zärtlichkeit.
(Sylvia Zacharias, Diagnose Alzheimer:
Helmut Zacharias, p.81, Hirnliga e.V. Nümbrecht Allemagne 2000)
 
26. Je crois que Maman n'aurait pas été plus mal soignée si elle avait été une vieille Africaine habitant le fin fond du Mali. Non, j'exagère ! Au fin fond du Mali on prend mieux en charge les " dingueries " des ancêtres.
(Françoise Laborde, Pourquoi ma mère me rend folle, p.36,
Editions Ramsay, Paris 2002)
 
27. Pour apprendre à accepter les faiblesses des autres, il faut d'abord accepter les siennes. Une personne atteinte d'alzheimer, c'est beaucoup plus qu'un simple diagnostic.
Chaque personne est un être humain à part entière. Il est important de se montrer compatissant, curieux, et de souhaiter vraiment découvrir qui est l'autre. … Néanmoins, certains refusent d'apprendre. Leur condescendance et leur attitude humiliante à l'égard des victimes de l'alzheimer sont très pénibles.
(Betty dans : Lisa Snyder, Vivre avec l'alzheimer, p.164, Editions Fides, 2001)
 
28. Tout sentiment exprimé et par suite reconnu et validé par une écoute confiante diminuera d'intensité. Par contre les émotions gagnent en force quand elles sont ignorées ou niées. "Le chat ignoré devient un tigre"
(Karl Jung)
 
29. Je ne contrôle plus mon humeur, je la suspecte de tous les péchés. Quand elle est là je ne veux plus la voir et quand elle part je l'accuse de me délaisser. Par moments, le voile se déchire et je découvre l'odieux de mes comportements.
(Antoine George, J'ai mené toutes vos batailles…, p.231,
Mosée Editions 2002)
 
30. On ne trouve pas forcément la bonne distance, de son corps comme de ses familiers, en un jour, et il est parfois nécessaire de trop s'éloigner ou de trop se rapprocher avant de trouver sa juste place. Il n'est malheureusement pas rare que l'entourage de la personne refuse de la voir changer, ne comprenne pas cette crise, ou en profite pour asseoir sa domination.
(Jérôme Pellissier, La nuit, tous les vieux sont gris, p.284,
Bibliophane-Daniel Radford, Paris, 2003)
 
31. Aujourd'hui, c’est la première fois que je ne sais plus ce que tu m’as dit et ce que j’ai dit ce matin, une heure d’échanges dont il ne reste plus rien…plus de sujet, plus de mots, rien qu’une feuille blanche…rien que notre désolation et tristesse, la tienne parce que tu sais, la mienne parce que je ne sais plus.
(Marcel Brasey, 2004)
 
32. Le plus dur, c'est le changement de rôle… le fort devient faible, le faible doit devenir fort. Pour que ça marche, il faut que les deux comprennent et acceptent ce renversement, sinon c'est la catastrophe bis ...
(Marcel Brasey, 2006)
 

33. Je suis la seule dans ma famille qui accepte la réalité. (…) Je suppose que si ma famille veut continuer à nier la situation, je ne devrais pas être aussi sévère à mon égard. Ils ne voient pas ce que l’avenir nous réserve – tout l’appui et les soins dont j’aurai inévitablement besoin. Je suppose que je devrais me croiser les bras. Ils se rendront bien compte, tôt ou tard, qu’on ne peut pas refuser d’accepter la situation indéfiniment. Leur refus de reconnaître ce qui se passe m’oblige à trouver d’autres gens qui m’apportent l’appui moral dont j’ai tellement besoins à ce moment.

(Barb Freitag
dans le site web de la Société Alzheimer du Canada, juin 2001)

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