| 38. J'ai perdu mes facultés mentales,
mais je me sens parfaitement bien. |
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(Ralph Waldo
Emerson)
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39. " Je sais que je ne sais plus rien
". … C'est la lumière la plus claire, la plus grande performance
de l'être qui lutte contre la maladie d'Alzheimer. Où il y a encore
une lutte, il y a aussi des victoires. Là où un homme souffre encore,
il est aussi à même de ressentir de la joie - et où il peut encore
juger son propre entendement, il ne peut pas être entièrement "
fou ". - C'est ma pensée de consolation.
Texte original allemand :
"Ich weiss, dass ich nichts mehr weiss". … Dies ist das hellste
Licht, die grösste Leistung des gegen die Alzheimersche Krankheit
ankämpfenden Menschen. Wo noch ein Kampf stattfindet, gibt es auch
Siege. Wo ein Mensch noch leidet, ist er auch noch imstande, Freude
zu empfinden - und wo er noch seinen eigenen Verstand beurteilen
kann, kann er nicht vollkommen "verrückt" sein. - Das sage ich mir
zum Trost.
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(Sylvia Zacharias,
Diagnose AlzheimerHelmut Zacharias, p.86,
Hirnliga e.V. Nümbrecht Allemagne 2000)
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| 40. La maladie a ce côté
diabolique qui la rend omniprésente, tout pivote autour d'elle,
on ne voit plus la vie, on la subit. |
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(Anonyme)
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41. C'est le tragique de cette maladie:
Que l'on soit content quand le malade peut se reconnaître
comme malade ! Car dans cette reconnaissance de l'esprit malade
il y a de l'esprit, il y a de la connaissance de soi-même
tout court. Seul un soi-même qui se reconnaît souffrant,
fait face au mal.
Texte original allemand :
Das ist die Tragik dieser Krankheit : Dass man froh ist, weil der
Kranke sich als krank zu erkennen vermag ! Denn in dieser Selbsterkenntnis
des kranken Geistes liegt Geist, liegt Selbsterkenntnis schlechthin.
Nur ein Selbst, das sich als leidend erkennt, bietet dem Leiden
die Stirn.
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(Sylvia Zacharias,
Diagnose AlzheimerHelmut Zacharias, p.86,
Hirnliga e.V. Nümbrecht Allemagne 2000)
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| 42. Me sentir toujours poussé
à garder l'esprit aussi occupé que possible
à
rester affairé sans relâche même avec des déficits,
me procure une sensation de continuité et d'estime de moi qui
me rassure.Tant que l'échec m'incitera à recommencer,
il sera ma source de vie. Car les jours où je ne fais rien
et mon cerveau ne travaille pas, je sens presque physiquement que
la maladie avance. |
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(Marcel Brasey,
2003)
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| 43. Par moments je me sens à l'unisson
du monde et de la nature. Puis, je perds les repères, je sens
monter la colère et je m'y noie avec délectation. J'ai
été rigide toute ma vie, cette souplesse nouvelle m'est
en permanence une leçon contre nature. |
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(Antoine George,
J'ai mené toutes vos batailles
, p.227,
Mosée Editions 2002)
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| 44. C'est vraiment l'agitation dans ma
tête. Une météo dépressionnaire avec beaucoup
de vent et toutes mes pensées s'envolent comme des bouts de
papier. Toute la journée, je leur cours après. De temps
en temps, j'en récupère un et je suis content. Quand
il y en aura trop de perdus, j'ai peur que tout s'arrête. |
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(Marcel Brasey
2004)
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| 45. Au cours des dernières
années, j'ai travaillé comme infirmière dans
la salle d'opération, l'unité de soins cardiaques intensifs,
la salle d'urgence et l'unité de soins pédiatriques
intensifs
Maintenant, je dois apprendre à débrancher
le fer à repasser avant d'aller répondre à la
porte et à ne jamais sortir de la cuisine ou la salle de bains
sans fermer les robinets. C'est vraiment difficile pour moi d'apprendre
à faire une seule chose à la fois. |
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(Cynthia
Williams, Discours " Living From the Inside Out "
23e congrès national de la Société Alzheimer
du Canada, Halifax 2001)
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| 46. Hier encore, dans le
monde professionnel, c'était les arbres qui me cachaient la
forêt. J'aimais les arbres. Aujourd'hui avec l'Alzheimer, c'est
la forêt qui me cache les arbres
Et je commence à
aimer la forêt. |
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(Marcel Brasey
2004)
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| 47. L'avantage de la mauvaise mémoire
est qu'on jouit plusieurs fois des mêmes choses pour la première
fois. |
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(Friderich
Nietzsche)
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| 48. Il y a une secrète
parenté entre l'écriture et l'Alzheimer : je la ressens,
mais je ne puis l'expliquer. C'est comme si j'étais aux prises
avec l'impossibilité d'écrire, comme si je devais absolument
écrire mais sans parvenir à produire le moindre mot.
Il y a des jours où je ne sais plus ce que je cherche ni pourquoi
je cherche. |
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(Marie-Andrée
Donovan, Mademoiselle Cassie, p.33,
éd. David, Ottawa Canada 2003)
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49. Je mets parfois un
certain temps à répondre, car
je ne fais qu'une chose à la fois : quand je bricole je ne
parle pas, quand je parle, je ne bricole pas... et parfois,
je ne fais rien ...car je suis en train d'essayer de
rassembler les pièces de mon "puzzle"... |
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(Claude
Couturier, courrier personnel 2004)
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| 50. C’est
la folie qui s’empare de moi… Elle me dévore de l’intérieur.
Complice, la mémoire me boude pendant des jours ; les
lapsus s’amusent à me tourmenter. Si, dès maintenant, je
m’habitue à me taire, peut-être les sottises éventuelles
me seront-elles épargnées.
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(Marie-Andrée Donovan, Mademoiselle Cassie, p.28,
éd. David, Ottawa Canada 2003)
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